Cette pièce, écrite pour un instrumentarium variable et électronique, fait écho à la place envahissante des nombres dans notre société digitalisée. Les nombres sont partout, sous la forme de codes, de numéros clients, de numéros de cartes, de téléphone, de comptes bancaires… avec la prolifération des outils numériques et la disparition progressive de l’interface humaine dans les échanges, ce sont de véritables amas de nombres auxquels nous sommes confrontés en permanence.
Dans cette courte fable musicale, de nombreuses voix artificielles - « des zéros et des uns fort bien organisés » - guident la progression du propos, passant d’une langue à l’autre, d’une liste à l’autre, nuages de nombres, suite de nombres, croissants, décroissants, complexes, rationnels, pairs ou impairs… Ce qui peut sembler paradoxal ici, c’est qu’à force de demander à la machine d’énumérer des listes absurdes de nombres, elle se met à perdre toute logique énonciative cherchant à infléchir le discours pour le rendre plus clair ou plus poétique, ce qui, ici, n’a aucun sens ni aucun intérêt ! Il en résulte une sorte d’énonciation tout à fait grotesque et très surprenante montrant avec drôlerie les limites de ce que l’on nous présente comme une intelligence…
Extrait partition