OMBRA DELLA MENTE

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"Je suis née un 21 au printemps. Mais je ne savais pas que naître folle, ouvrir ses morceaux, pouvait déchaîner des tempêtes."
Alda Merini

La poésie d'Alda Merini parcours le XXème siècle des années 50 à aujourd'hui ; cette poetesse, figure majeure de la littérature italienne n'aura eu de cesse de vivre en marge, auprès des exclus de ce monde jusqu'à sa mort en 2009. Alda Merini, à l'age de 16 ans manifeste les premiers signes d'une dépression chronique qui ne la quittera pas de son vivant. Cette maladie elle l'appelle "Ombre della mente" (ombre de la pensée) et projettera tout son art dans cet état, lui cherchant une issue par l'écriture.

Cette notion "d'ombre", de contamination de la pensée linéaire et vivante, constitue la métaphore du processus d'écriture musicale qui est mis en œuvre pour ce projet. L'idée finalement assez simple d'un discours qui serait sans cesse entravé par une force obscure qui empêche le déroulement normal des choses. L'une des applications de ce concept se situe dans la gestion du passage de la voix chantée à la voix parlée. Le chant constituant cette zone de dépression qui vient figer la continuité d'une narration poétique, comme une entrave au temps. Les textes du projet puisent dans deux ouvrages d'Alda Merini, "Après tout même toi" et "Délire Amoureux".

La pièce s'organise entre narration (zones intitulées "Ombres") et poésie (zones intitulées "Chants"), une alternance que vient dynamiser un dispositif scénographique organisé autour de deux tables qui deviennent des espaces dédiés à l'écriture, à l'autopsie, aux frottements et à des matières instables.

La musique laisse ainsi place à des zones de bruits, de bruissements et de souffles, comme pour dire une sorte de dychotomie entre l'individu et le monde, qui chercheraient, sans y arriver, une mise en phase…
Note de l'éditeur d'Alda Mérini à propos de son livre "l'Autre Vérité" : "Il n'existe pas de folie dépourvue de signification et les gestes que les gens ordinaires et mesurés considèrent comme d'un fou impliquent le mystère d'une souffrance que les hommes n'ont pas écoutée, n'ont pas recueillie". Cette souffrance, L'autre vérité veut la recueillir et l'écouter ; dans un récit limpide et implacable, la poétesse Alda Merini, disparue le 1er novembre 2009, nous dit ce qu'était l'internement psychiatrique dans les années 60 et 70, qu'elle a elle-même vécu dans le plus profond abandon. La poésie de ces pages vaut comme une arme au service d'un " esprit d'enfance (...) qui ne pourra jamais être perverti par personne ", une arme pour ne pas sombrer, pour réinventer l'espoir d'être aimé. Voici l'un des plus grands textes littéraires mettant en scène la folie.

Images

La chambre d'Alda Merini

Vidéos

Extrait partition

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Instrumentation

voix soprano (ou mezzo), clarinette-basse et électronique


Détails

dur. : 28'00

Commande du Ministère Français de la Culture

Création le 12 octobre 2013
par l'ensemble Accroche Note dans le cadre de la Biennale de Venise
Voix : Françoise Kubler
Clarinette-basse : Armand Angster
Composition, conception scénographique et lumières : Pierre Jodlowski
Assistant musical et prises de sons originales : François Donato


Extraits audio


Édition

Edition Pierre Jodlowski
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